À voir à la Villa Bagatelle : « Signé : artisanes du textile »

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Il ne faut pas manquer de voir cette exposition au cours de l’été. Elle présente un parcours sur quatre siècles qui permet de lever le voile sur un pan méconnu de l’histoire des femmes au Québec, celui d’artisanes du textile. Qu’elles aient été tisserandes, fileuses, feutrières, brodeuses, « perleuses », tricoteuses, dentellières ou autres, ces femmes, dont plusieurs viennent de la région de Québec, tout comme leur parcours de vie, demeurent dans l’ombre.

Anne-Marie Poulin. Photo : Richard Laverdière

Outre un talent marqué pour « le bel ouvrage », ces femmes visionnaires, bâtisseures, entrepreneures, inventeures, formatrices, éducatrices et avant-gardistes, parfois épouses et mères et au besoin, sages-femmes, ont participé et participent toujours à l’évolution de la société par la transmission de connaissances et de savoir-faire en arts textiles au Québec. Un ensemble de savoirs exerçant une certaine fascination auprès du grand public, se pratiquant actuellement par des dizaines de milliers de femmes et servant au final à embellir nos vies.

Cette exposition rend hommage à près d’une centaine d’artisanes qui se sont illustrées à partir de la Nouvelle-France jusqu’à l’aube du siècle présent. « Signé : artisanes du textile » regroupe des femmes, parfois connues, souvent anonymes, tout en mettant en lumière certaines de leurs œuvres-témoins. L’exposition a été confiée aux soins des ethnologues Claude Corriveau et Anne-Marie Poulin qui agissent en tant que commissaires.

Vous y verrez plus de 80 réalisations textiles produites entre le XVIIe siècle et aujourd’hui. Leur histoire est aussi racontée par le biais de peintures, d’objets, de livres anciens, de documents d’archives et de photographies qui témoignent du travail textile au fil du temps.

Claude Corriveau. Photo : Frida Franco

L’exposition débute au rez-de-chaussée avec une présentation des savoirs et savoir-faire en arts textiles au Québec et poursuit en signalant l’apport des femmes autochtones à cette forme d’art. Dès le début du parcours, on n’hésite pas à ouvrir les meubles tiroirs qui recèlent de petits trésors. Les autres zones présentées au rez-de-chaussée mettent en lumière le travail des pionnières et des visionnaires aux 17e et 18e siècles ainsi que celui de communautés religieuses au 19e siècle. Ces œuvres, pour la plupart, sont liées au sacré. On y retrouve notamment la plus ancienne œuvre présentée dans l’exposition, un exceptionnel parement d’autel de Marie Lemaire des Andes daté de 1650-1671, prêté par le Pôle culturel du Monastère des Ursulines de Québec.

Une partie de l’exposition avec une bannière de procession, attribuée aux Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie de Sillery pour la broderie et l’assemblage, la sculpture au centre étant attribuée à Louis Jobin. Photo : Claude Corriveau

L’exposition se poursuit à l’étage pour découvrir les œuvres textiles à usage « profane ». On y dévoile aussi les modes de transmission des savoir-faire du 19e au 21e siècle. Au fil des salles, le travail de nombreuses artisanes employant diverses techniques est mis en lumière.

Les pièces présentées dans l’exposition proviennent de collections d’artisanes, de collections privées, de collections institutionnelles, de paroisses, de communautés religieuses ainsi que de plusieurs musées.

Détail d’un couvre-lit boutonné d’avant 1880 provenant de l’Île-aux-Coudres. Collection: Louise Lalonger et Michel Laurent. Photo : Claude Corriveau

Du 4 juin au 25 août 2019 seulement. Du mardi au dimanche, de 11 h à 17 h. Entrée gratuite. Pour information, cliquez ici.

À la une : La photographie à la une est un détail du parement d’autel dit de la Sainte Trinité à l’enfant Jésus emmailloté. Il a été confectionné entre 1650-1671 par Marie Lemaire des Andes. Il a été prêté par le Pôle culturel du Monastère des Ursulines de Québec.