Les intrigues carnavalesques, « mi-carêmes » ou « mascarades ». Étude croisée en Europe et Amérique francophones

Partager:
Personnes en costume de Mardi Gras autour d'une table

Ce con­den­sé est tiré de l’article de Françoise Lem­pereur pub­lié ini­tiale­ment dans la revue Rabas­ka, vol­ume 18, 2020, p. 115–128.

Les intrigues car­nava­lesques ont per­sisté dans cer­tains endroits qui ont main­tenu une pop­u­la­tion homogène dans l’Europe et l’Amérique fran­coph­o­nes. Les intrigues lient l’humour en révélant les fonde­ments de la vie sociale au sein de la com­mu­nauté par la dénon­ci­a­tion, l’embarrassement et même la flat­terie. Ces intrigues évo­quent non seule­ment une dimen­sion his­torique, mais aus­si les événe­ments du cal­en­dri­er tra­di­tion­nel des communautés.

Deux personnes en costume de Mardi Gras se regardent
L’intrigue à Eben, le Lun­di gras, 24 févri­er 2020. Pho­to : Françoise Lempereur

Des habi­tants de ces local­ités se masquent et tra­versent les rues accom­pa­g­nées par un groupe ou de manière soli­taire et entrent dans les maisons des gens et se ren­dent aux lieux de rassem­ble­ment où ils évo­quent des événe­ments cocass­es ou fâcheux qui ont mar­qué l’an­née ou sim­ple­ment des événe­ments per­son­nels liés à leurs hôtes. On essaie de les recon­naître en obser­vant leur tenue ves­ti­men­taire, leurs chaus­sures, leurs mains et tous les autres détails qui peu­vent per­me­t­tre leur iden­ti­fi­ca­tion. On leur pose en même temps un cer­tain nom­bre de ques­tions afin de décou­vrir l’identité de ceux qui sont masqués. Des bois­sons sont égale­ment pro­posées à ces vis­i­teurs spé­ci­aux afin que leurs vis­ages soient iden­ti­fiés. L’humour et l’insolence sont les pro­tag­o­nistes de cette vis­ite très par­ti­c­ulière et une fois recon­nus, les vis­i­teurs enlèvent leurs masques et déci­dent sim­ple­ment de con­tin­uer leur chemin et de chercher d’autres objec­tifs. Il est à not­er que les vari­antes changent selon la région et l’époque puisqu’il est courant d’observer qu’un groupe de per­son­nes se déplace sim­ple­ment avec des musi­ciens ou avec un tam­bour leur per­me­t­tant ain­si de danser avec leurs hôtes, d’autres ne font qu’intégrer les demoi­selles et cer­tains réalisent plutôt ces intrigues dans un lieu pub­lic. La façon de s’habiller pour men­er à bien ces intrigues n’est pas cod­i­fiée et varie égale­ment en fonc­tion du lieu et de l’époque. Il est très courant de nos jours de voir que l’imagination est le moteur de la créa­tiv­ité ves­ti­men­taire et cela se réfère au présent. Les cos­tumes sont plus sophis­tiqués, comme à l’Isle-aux-Grues (Québec) où, à la Mi-Carême, de grands pré­parat­ifs sont faits. En effet, les cou­turières con­fec­tion­nent des cos­tumes lux­ueux avec des plumes, des pier­res et d’autres matériaux.

Trois personnes en costume pour une intrigue carnavalesque
Yolande et Léon Grooten­pinte, Dunkerque; les intrigues car­nava­lesques, une belle tra­di­tion. Pho­tographe incon­nu, 2018

 

On peut se pro­cur­er un exem­plaire de la revue Rabas­ka par la bou­tique en ligne.

 

Crédits

Rédac­tion : Liz Pamela Fajardo

Révi­sion : Louise Décarie

Mise en page : Marie-Ève Lord

Illus­tra­tions : tel qu’indiqué au bas des vignettes

 

Image à la une : L’intrigue à Fos­s­es-la-Ville, le Mar­di gras 2019. Pho­to : Guy Focant, Vedrin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.