Valorisation des porteurs de traditions

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Le programme de valorisation des porteurs de traditions

Carmelle Loignon dans la cuisine de sa cabane à sucre. Photo Bernard Genest.
Carmelle Loignon dans la cui­sine de sa cabane à sucre. Pho­to Bernard Genest.

Il relève de la mis­sion de la Société québé­coise d’ethnologie de favoris­er la con­ser­va­tion et la mise en valeur du pat­ri­moine immatériel. Le pro­gramme de val­ori­sa­tion des por­teurs de tra­di­tions s’inscrit à l’intérieur de cette mis­sion. Il a été lancé en 2012 alors que des can­otiers émérites de la course en can­ot du Car­naval de Québec ont été hon­orés dans le cadre d’une activ­ité organ­isée au Musée mar­itime du Québec à l’Islet-sur-Mer. L’année suiv­ante, soit en 2013, la Société rendait hom­mage à des arti­sanes du fléché de la région de Lanaudière, activ­ité qui se tenait au Cen­tre région­al d’animation du pat­ri­moine oral (CRAPO), à Saint-Jean-de-Matha. En 2014, ce furent les arti­sans acéricul­teurs de la Beauce qui furent hon­orés au Musée Mar­ius-Bar­beau à Saint-Joseph-de-Beauce. En 2015, la Société rendait hom­mage à des fac­teurs d’ac­cordéons de Mont­mag­ny au Musée de l’ac­cordéon à Mont­mag­ny. En 2016, ce furent des artistes en art pop­u­laire de Charlevoix au Musée de Charlevoix à La Mal­baie qui furent hon­orés alors qu’en 2017, on hon­o­ra des sculp­teurs sur bois de la tra­di­tion Bour­gault à La Roche à Veil­lon (resto-théâtre de Saint-Jean-Port-Joli). Enfin en 2019, la SQE a ren­du hom­mage à des pro­duc­teurs de maïs sucré de Neuville.

Objec­tifs du programme

  • Ren­dre hom­mage à des per­son­nes qui ont con­tribué à l’enrichissement du pat­ri­moine cul­turel québécois
  • Val­oris­er dans leur milieu naturel des pra­tiques identitaires
  • Favoris­er leur trans­mis­sion auprès des jeunes générations
  • Encour­ager leur maintien
La course en canot du Carnaval de Québec. La pratique du canot à glace a été désignée patrimoine immatériel en 2014 à l’initiative de la Société québécoise d’ethnologie. Photo Richard Lavoie, SQE, février 2010.
La pra­tique du can­ot à glace a été désignée pat­ri­moine immatériel en 2014 à l’initiative de la Société québé­coise d’ethnologie.
Pho­to Richard Lavoie, 2010.

La Société compte retenir un thème ou, si l’on préfère, une pra­tique dif­férente d’une année à l’autre. Le but est, avec le temps, de cou­vrir le plus grand nom­bre de pra­tiques pos­si­bles tant dans les champs cou­tu­mi­er, tech­nique, social que ludique. La région est choisie en fonc­tion de sa renom­mée en lien avec l’activité retenue.

Remise d’un cer­ti­fi­cat de reconnaissance

L’un des moments forts de l’activité est la céré­monie de remise des cer­ti­fi­cats de recon­nais­sance à des por­teurs de tra­di­tions. Ces per­son­nes sont hon­orées pour leur con­tri­bu­tion à l’enrichissement du pat­ri­moine cul­turel immatériel des Québé­cois en présence des mem­bres de leurs familles, de leurs amis et des mem­bres de la Société. Le pub­lic est égale­ment invité à assis­ter à l’événement.

Critères de sélection

Out­re cer­taines con­sid­éra­tions d’ordre pure­ment cir­con­stan­ciel (disponi­bil­ité des sources doc­u­men­taires, état de la con­nais­sance, accès aux per­son­nes ressources), un cer­tain nom­bre de critères sont pris en con­sid­éra­tion dans le choix du thème et dans l’analyse des dossiers de can­di­da­ture. Ces critères por­tent à la fois sur la pra­tique elle-même et sur les per­son­nes faisant l’objet d’une can­di­da­ture. Il s’agit de critères sou­ples qui sont pondérés et hiérar­chisés en fonc­tion de la nature même du type de pra­tique. Con­sid­érant la pra­tique, les critères suiv­ants peu­vent s’appliquer, en tout ou en partie :

  • L’authenticité. La pra­tique est sans rup­ture de con­tact avec la tra­di­tion et non une inter­pré­ta­tion de celle-ci. Elle fait référence à son car­ac­tère vivant. Celle-ci est trans­mise de généra­tion en généra­tion dans son con­texte fonc­tion­nel ce qui, bien sûr, n’exclut en rien sa réal­ité dynamique vécue à tra­vers le changement.
  • La con­ti­nu­ité. La pra­tique s’inscrit dans un temps long et se trans­met dans son con­texte naturel, c’est-à-dire en lien avec le milieu d’où elle émerge. Son ancrage est his­torique. Elle est vécue dans son con­texte immé­di­at à tra­vers le changement.
  • La trans­mis­sion se fait par fil­i­a­tion. Le mode de trans­mis­sion est la fil­i­a­tion, c’est-à-dire qu’il se fonde sur le trans­fert de com­pé­tences de généra­tion en généra­tion à l’intérieur de la famille ou de la com­mu­nauté par le biais des agents de trans­mis­sion que sont les por­teurs de tra­di­tions. On définit le por­teur de tra­di­tions comme celui par qui les savoirs et savoir-faire sont trans­mis sans rup­ture de con­tact dans le proces­sus de trans­mis­sion. Cette fil­i­a­tion est par­fois directe (de père en fils ou de mère en fille) ou indi­recte (un par­ent, un voisin, un mem­bre de la communauté).
  • Le car­ac­tère iden­ti­taire. La pra­tique est représen­ta­tive d’un groupe d’appartenance à l’intérieur duquel pré­vaut un sen­ti­ment d’identité en fonc­tion de valeurs com­munes. Elle est représen­ta­tive d’une valeur qui car­ac­térise le groupe ou la com­mu­nauté et lui con­fère une iden­tité distinctive.
Arti­sane de cein­ture fléchée. Pho­to : Suzanne Marchand.

Con­sid­érant le por­teur de traditions :

  • Orig­ine du savoir et du savoir-faire. Le por­teur tire ses com­pé­tences des généra­tions qui l’ont précédé par con­tact direct avec un prati­cien lui-même por­teur de la tra­di­tion. Il est imprégné du sens et non d’une inter­pré­ta­tion du sens. Il n’interprète pas, il vit ce qu’il sait.
  • Agent de trans­mis­sion. Ce faisant, le por­teur de tra­di­tions est lui-même agent de trans­mis­sion auprès des jeunes généra­tions et fac­teur de change­ments. Il doit s’adapter aux change­ments socioé­conomiques de son époque et, par con­séquent. renou­vel­er la pra­tique tout en respec­tant son intégrité. Il ne peut être con­fon­du avec le médi­a­teur cul­turel qui peut repren­dre à son compte des tra­di­tions qu’il n’a pas vécues et les faire revivre hors contexte.
  • Recon­nais­sance du milieu. Le véri­ta­ble por­teur de tra­di­tions est recon­nu dans son milieu comme per­for­mant dans sa pra­tique. L’excellence de son savoir et de son savoir-faire est générale­ment notoire dans sa communauté.
  • Per­sis­tance de l’engagement. Le pro­gramme s’adresse à des per­son­nes dont l’engagement est pro­fond et dont la pra­tique s’étale sur une longue péri­ode, par­fois toute une vie.
  • Con­tri­bu­tion. On tien­dra compte de la con­tri­bu­tion de la per­son­ne à l’enrichissement au pat­ri­moine de sa com­mu­nauté et de sa région comme au plan nation­al et international.
  • Lien avec le milieu. Dans le cadre de ce pro­gramme, le can­di­dat retenu sera néces­saire­ment de la région d’où émerge la pra­tique ou, tout au moins, orig­i­naire de cette région.

Il peut s’avérer que d’autres critères soient pris en compte lors de l’étude des can­di­da­tures en fonc­tion de par­tic­u­lar­ités inhérentes à cer­taines pratiques.

Ulric Lacombe inter­pré­tant une pièce musi­cale sur un accordéon de sa fab­ri­ca­tion. Pho­to Bernard Gen­est, août 2015

En savoir plus sur les pra­tiques honorées

2019 — Pro­duc­teurs de maïs sucré de Neuville

2017 — Sculp­teurs sur bois de la tra­di­tion Bour­gault à Saint-Jean-Port-Joli

2016 — Artistes en art pop­u­laire de Charlevoix

2015 — Fab­ri­cants d’ac­cordéons de Montmagny

2014 — Arti­sans acéricul­teurs de la Beauce

2013 — Arti­sanes du fléché de la région de Lanaudière

2012 — Can­otiers de la course en can­ot du Car­naval de Québec

Image à la Une : Col­lec­tion d’im­ages représen­tant les objets qui peu­vent être logés dans l’é­tude de la dis­ci­pline. Musée Valen­cien d’Eth­nolo­gie, 2014 (Wiki­me­dia Commons).

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