
Le prix Jean-Simard 2026 a été remporté par le Musée de la mémoire vivante pour son exposition Au rythme des boîtes à chanson. Jean Simard a lui-même remis le prix à Mme Judith Douville, présidente du conseil d’administration de la Corporation Philippe-Aubert-de-Gaspé, qui assure la gestion du Musée de la mémoire vivante. La remise a eu lieu lors du lancement de la revue Rabaska au Domaine Mauvide-Genest, le dimanche 25 octobre 2026. Cet événement fait l’objet d’un autre article ici
Créé par la Société québécoise d’ethnologie en 2024, le prix Jean-Simard récompense des projets qui mettent à l’honneur la démarche ethnologique. Il comporte deux volets qui distinguent en alternance, d’une année à l’autre, des réalisations individuelles ou institutionnelles. Cette année, le prix Jean-Simard était destiné aux organismes qui avaient réalisé un projet marquant pour la mise en valeur du patrimoine au courant des cinq dernières années.
Les candidatures reçues ont témoigné de la diversité des missions et des contributions des organismes voués au patrimoine et à la mémoire. Certains sont spécialisés dans la diffusion des connaissances et des pratiques, la rencontre des témoins et des porteurs de tradition, et d’autres dans la médiation culturelle. Cette richesse s’est également révélée dans les supports de diffusion choisis, que ce soit par le biais de conférences, de spectacles, de livres, de rencontres intergénérationnelles. Qu’ils s’adressent à une communauté plus restreinte ou à un large public, ces projets contribuent tous, à leur manière, à raviver le cœur de nos traditions et à retisser les liens qui unissent les communautés à leur héritage culturel. Ils mettent en lumière la chanson populaire, l’art du conte, les traditions orales de l’Amérique francophone ainsi que l’histoire fondatrice des communautés et des paroisses.
L’exposition Au rythme des boîtes à chansons par le Musée de la mémoire vivante
Le jury a procédé à une analyse approfondie des projets soumis à la lumière des trois critères qui définissent l’esprit du prix Jean-Simard et qui se trouvent au cœur même de la démarche ethnologique : la qualité du travail de terrain, la pertinence et l’efficacité des moyens de diffusion mis en œuvre, ainsi que l’engagement auprès des communautés concernées. Le choix du jury s’est naturellement porté sur l’exposition Au rythme des boîtes à chansons, réalisée par le Musée de la mémoire vivante puisqu’elle incarne pleinement les trois axes du prix.
Par cette exposition, le musée a voulu documenter, interpréter et faire revivre un phénomène culturel majeur de l’histoire récente du Québec, particulièrement actif entre les années 1950 et 1970. La réalisation de ce projet repose sur un remarquable travail d’ethnologie du présent, qui documente une page de notre histoire récente à travers les témoignages de personnes qui en ont été les acteurs et les témoins. Le jury a été impressionné par l’ampleur du terrain réalisé pour cette exposition. À la suite d’un vaste travail de recherche, de repérage et de collecte d’informations, 48 témoignages ont été recueillis aux quatre coins du Québec. Fidèle à sa mission, le musée a conçu une exposition fondée sur la mémoire orale, donnant la parole à celles et ceux qui ont vécu directement ce phénomène culturel.
En mettant en valeur cette mémoire encore vivante, l’exposition contribue à réactualiser et à transmettre un pan important de notre patrimoine culturel à un large public, notamment aux plus jeunes. En effet, le jury a aussi apprécié l’important travail de médiation effectué en périphérie auprès de groupes de personnes âgées ou de groupes scolaires. Le jury a également souligné l’importance de tels projets pour faire connaître au grand public la démarche ethnographique, encore trop souvent méconnue.
Note : Le Musée est heureux de signaler qu’une mouture itinérante de l’exposition est en préparation active pour diffusion à travers la province.
Membres du jury
Jean-François Blanchette, Sylvain Gendreau, Jocelyne Mathieu, Laurence Provencher Saint-Pierre, Richard Dubé et Marie Renier. (Les membres du jury qui ont un lien personnel ou professionnel avec un candidat se retirent de l’évaluation de la candidature concernée et ne participent pas à la décision finale.)
Texte : Marie Renier
Publication web : Julie Lemieux
