Le défilé de la Fête nationale à Montréal

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Le 13 juin 2026

 

En par­al­lèle de la chronique en eth­nolo­gie de l’édition d’été 2026 du mag­a­zine His­toire Québec (Joly, 2026), nous vous pro­posons des archives com­plé­men­taires présen­tant un por­trait plus com­plet du défilé. Out­re un con­texte his­torique sous la forme de deux arti­cles avec vidéos, les archives ont été sélec­tion­nées pour offrir trois points de vue : celui de l’organisation, des par­tic­i­pants dans le défilé et du pub­lic.

Une journée pas comme les autres à Mon­tréal

Les arcs de tri­om­phe

La fierté d’exposer : la Cana­di­enne

Chanter sa fierté

Quand les ruraux ren­con­trent la ville

Le tra­vail, les enfants et le défilé

Retour historique sur le défilé de la Fête nationale à Montréal

L’arti­cle sur les défilés de la Saint-Jean-Bap­tistevit­rines de l’évolution de l’identité québé­coise retrace à l’aide de cour­tes vidéos les trans­for­ma­tions majeures du défilé afin de refléter les nou­veaux enjeux de la société.

Source : Radio-Cana­da, 2021

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Les com­men­ta­teurs Paul-Émile Trem­blay et Roger Mon­doloni décrivent le défilé des fêtes de la Saint-Jean-Bap­tiste pour la télévi­sion de Radio-Cana­da le 24 juin 1958. Pho­to : Radio-Cana­da / André Le Coz — Source : Radio-Cana­da, 2021

Le défilé de la Saint-Jean-Bap­tiste, de la tra­di­tion aux reven­di­ca­tions présente la trans­for­ma­tion du défilé des années 1960 vers un événe­ment entière­ment laïque. À not­er que d’autres recherch­es ont depuis démon­tré que cette trans­for­ma­tion s’est éch­e­lon­née sur plus d’une décen­nie.

Source : Radio-Cana­da, 2017

Le point de vue de l’organisation

Une journée pas comme les autres à Montréal

Ce doc­u­men­taire présente les dessous de l’organisation du défilé selon le point de vue de l’organisation qui coor­donne l’ensemble des inter­venants, dont les publics, les par­tic­i­pants et la Ville de Mon­tréal. Il est précédé par une courte entre­vue avec le prési­dent de la Société Saint-Jean-Bap­tiste de Mon­tréal (doré­na­vant SSJBM) qui explique l’histoire, la mis­sion et l’organisation de la Société en 1959.

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Source : Jobin, 1959

Le point de vue des participants

Le point de vue des par­tic­i­pants dans le défilé s’incarne par ce qu’ils voient en paradant et par leur con­tri­bu­tion au suc­cès du défilé. Au cours des pre­miers années, des arcs de tri­om­phe aus­si hauts que 7,6 m accueil­lent les par­tic­i­pants. L’ornementation se com­pose d’oriflammes, de mes­sages patri­o­tiques et de dessins d’objets iden­ti­taires tels qu’un cas­tor ou une feuille d’érable.

Les arcs de triomphe
 La fierté d’exposer : la Canadienne

Sources :

Vues pris­es de l’arc, 1898; Arc de tri­om­phe, 1895; Arc de tri­om­phe, 1890

Devenu trop imposant pour cir­culer dans les rues étroites du Vieux-Mon­tréal, le cir­cuit du défilé est organ­isé dans les faubourgs de la ville. Les rési­dents sur le tra­jet du défilé se fai­saient un hon­neur d’accueillir les par­tic­i­pants avec des arcs de tri­om­phe ornés de branch­es de sapin et d’érable. La con­cur­rence entre les paroiss­es pour offrir les plus beaux arcs est telle que la Ville et la SSJBM ont exigé que la pop­u­la­tion ne touche pas aux érables dans la ville.

À compter de 1924, l’organisation du défilé devient plus sys­té­ma­tique. Une thé­ma­tique est adop­tée par l’assemblée générale et des maque­ttes de sous-thé­ma­tiques sont créées. Ce sont les sec­tions qui choi­sis­sent la maque­tte du char qu’elles souhait­ent con­stru­ire. Une fois choisie, elle est retirée des choix. Pen­dant le défilé, un comité remet des prix aux chars ayant le mieux respecter le dessin.  

Sources :

Poiri­er, 1943; Mas­si­cotte et Lagacé, 1925 

Par­mi les nom­breux toasts lors du ban­quet de 1834, l’un fut porté à la femme cana­di­enne représen­tée par Josephte, épouse de Jean-Bap­tiste, l’allégorie du Cana­di­en français. Au cours des années, elle fut tour à tour, la jeune fille, la jeune épouse, la mar­iée ou la mère de famille dans les défilés.

D’o­rig­ine incon­nue, la chan­son folk­lorique Vive la Cana­di­enne fut chan­tée pen­dant de nom­breuses années en son hon­neur. Vers 1939, le Roy­al 22e Rég­i­ment, pre­mier corps d’infanterie fran­coph­o­ne au Cana­da adop­ta ce chant pour sa marche rég­i­men­taire.

Les pre­mières traces écrites de cette chan­son datent du milieu du XIXe siè­cle, et les enreg­istrements autour de 1870.

Ici une ver­sion chan­tée en 1915 par Joseph Sauci­er.

et une mag­nifique presta­tion musi­cale par le Roy­al 22e Rég­i­ment qui y incor­pore quelques lignes d’À la fontaine.  À not­er que le rythme de Vive la Cana­di­enne a été adap­té pour en faire une marche rég­i­men­taire.

Source : Sauci­er, 1915.

Source : Roy­al 22e Rég­i­ment, 2020.

Le point de vue du public

Le point de vue du pub­lic se réalise par ce qu’il voit, ce qu’il entend et ce qu’il fait.  La musique et les chan­sons pop­u­laires, que ce soit pen­dant le défilé ou lors d’activités tels que le feu de joie au parc Lafontaine dans le pre­mier tiers du XXe siè­cle ou lors des spec­ta­cles demeurent une car­ac­téris­tique fon­da­men­tale de la Fête nationale.

Chanter sa fierté

O Cana­da mon pays mes amours
Lors du ban­quet ayant mené à la créa­tion de la Fête nationale en 1834, George-Éti­enne Carti­er com­posa et inter­pré­ta cette chan­son pour l’occasion. Très rapi­de­ment, ce chant patri­o­tique allait devenir un chant nation­al pour l’ensemble des Cana­di­ens français.
Source : Sauci­er, 1920. 

À la claire fontaine
Cette chan­son très anci­enne d’origine française fut apportée en Nou­velle-France par les colons et les sol­dats. Fort pop­u­laire par­mi les Cana­di­ens français, elle est égale­ment perçue comme un hymne nation­al jusqu’au tour­nant du XXe siè­cle. 
Source : Sauci­er, 1915.

Mes plus belles chan­sons. Album à col­o­ri­er
Ce cahi­er de chan­sons pour les enfants est pub­lié en 1962. Il pro­pose un dessin à col­o­ri­er pour cha­cune des par­ti­tions musi­cales. On y retrou­ve entre autres À la claire fontaine et Vive la Cana­di­enne.
Source : Mes plus belles chan­sons, 1962.  

Quand les ruraux rencontrent la ville

La Saint-Jean-Bap­tiste 

En 1928, le folk­loriste Con­rad Gau­thi­er com­pose La Saint-Jean-Bap­tiste, une chan­son satirique qui racon­te les mésaven­tures d’une famille d’habitants vis­i­tant Mon­tréal pen­dant la Fête nationale.
Source : Gau­thi­er, 1928

Paroles et musique de la Saint-Jean-Bap­tiste 

Paroles et musique de La Saint-Jean-Bap­tiste
Source : Gau­thi­er, s.d.  

Le travail, les enfants et le défilé

Le défilé de la Fête nationale a longtemps révélé le tra­vail des enfants qui a une longue his­toire au Québec. En 1889, un rap­port con­firme que des enfants de 10 ans tra­vail­lent jusqu’à dix heures par jour, six jours par semaine. En 1907, on exige que l’enfant ait au moins 14 ans pour occu­per un emploi. Mais, il existe des excep­tions et la loi est peu respec­tée. En 2023, cette loi est mod­i­fiée pour inclure une oblig­a­tion sco­laire et l’âge min­i­mum demeure à 14 ans avec des excep­tions. Dans les défilés, ce n’est qu’à compter des années 1960 que des protes­ta­tions s’élèvent lorsque les jour­naux appren­nent que des majorettes âgées de tout juste six ans doivent marcher trois kilo­mètres.

Sources : Poiri­er, 1947;« Une jeune majorette »,1961; Hubert, 1978. Dans la pre­mière pho­to, une pub­lic­ité pour le lait portée par un jeune garçon au défilé de 1978. La sec­onde pho­to mon­tre le jeune âge des par­tic­i­pantes et leur plaisir à défil­er. Ces deux pho­tos sont pris­es dans un défilé local plus court.

Références

« Arc de tri­om­phe au coin des rues Mar­i­anne et Mont-Roy­al (sur la rue Cadieux) », Le Monde illus­tré, 6 juil­let 1895. Bib­lio­thèque nationale (Rose­mont).

« Arc de tri­om­phe élevé au coin des rues Notre-Dame et des Seigneurs », Le Monde illus­tré, 5 juil­let 1890. Bib­lio­thèque nationale (Rose­mont).

Mes plus belles chan­sons. Album à col­o­ri­er, Mon­tréal, Ed. Archam­bault. Bib­lio­thèque et Archives nationales du Québec, cen­tre de Mon­tréal, 1962 (extrait).

Une jeune majorette, défilé de 1961, La Presse, 27 juin 1961, Bib­lio­thèque et Archives nationales du Québec, cen­tre de Mon­tréal.

« Vues pris­es de l’arc de tri­om­phe de la rue Mont-Roy­al », Le Monde illus­tré, 9 juil­let 1898. Bib­lio­thèque nationale (Rose­mont).

GAUTHIER, Con­rad Gau­thi­er (com­pos­i­teur et inter­prète), La Saint-Jean-Bap­tiste, Mon­tréal, Vic­tor, 1928. Bib­lio­thèque et Archives nationales du Cana­da.

GAUTHIER, Con­rad Gau­thi­er, 40 chan­sons d’autre­fois : (mélodies et paroles) : réper­toire Con­rad Gau­thi­er, Mon­tréal, Ed. Archam­bault inc., s.d. Bib­lio­thèque et Archives nationales du Québec, cen­tre de Mon­tréal (extrait).

HUBERT, Adrien, Activ­ités lors de la Fête de la Saint-Jean-Bap­tiste et du pat­ri­moine, Mon­tréal, 1978. Bib­lio­thèque et Archives nationales du Québec, cen­tre de Mon­tréal.

JOBIN, Vic­tor et al., Jour de juin, Cana­da, Office nation­al du film, 1959.

JOLY, Diane, « L’ambiance fes­tive : Une rela­tion intime entre le matériel et la com­mu­nauté, Chronique en eth­nolo­gie, His­toire Québec, vol. 31, n°4, été 2026.

MASSICOTTE, Édouard-Zotique (con­cep­teur) et Jean-Bap­tiste Lagacé (dessi­na­teur), « Maque­tte du char Vive la Cana­di­enne ». 1925. Bib­lio­thèque et Archives nationales du Québec, cen­tre de Mon­tréal, P750.

POIRIER, Con­rad, Vente de bouteilles d’eau, Ser­vice des archives, ville de Mon­tréal, 1947.

POIRIER, Con­rad, Pre­mière mère de famille, 1943, Bib­lio­thèque et Archives nationales du Québec (cen­tre de Mon­tréal).

RADIO-CANADA, « Archive | Les défilés de la Saint-Jean-Bap­tiste, vit­rines de l’évolution de l’identité québé­coise », 23 juin 2021 (ressource élec­tron­ique).

RADIO-CANADA, « Archive | Le défilé de la Saint-Jean-Bap­tiste, de la tra­di­tion aux reven­di­ca­tions », 23 juin 2017 (ressource élec­tron­ique).

ROYAL 22E RÉGIMENT (fan­fare), Vive la Cana­di­enne (Quick March of the Roy­al 22e Rég­i­ment), Com­mon­wealth March­es (Ressource élec­tron­ique).

SAUCIER, Joseph (inter­prète), O Cana­da mon pays mes amours, New York, Colum­bia, 1920. Bib­lio­thèque et Archives nationales du Cana­da.

SAUCIER, Joseph (inter­prète), Vive la Cana­di­enne, Mon­tréal, His Mas­ter’s Voice, 1915. Bib­lio­thèque et Archives nationales du Cana­da.

SAUCIER, Joseph (inter­prète), À la claire fontaine, Mon­tréal, Vic­tor Record, 1915. Bib­lio­thèque et Archives nationales du Cana­da.

Recherche et rédac­tion : Diane Joly
Coor­di­na­tion : Léa Le Calvé 
Mise en page :  Julie Lemieux

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