L’art populaire à l’honneur

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L’art populaire à l’honneur

3 juil­let 2026

Le dossier d’été de la revue His­toire Québec pub­lié par la Fédéra­tion His­toire Québec porte sur l’art pop­u­laire. Il a été mon­té par Benoît Vail­lan­court et Jean-François Blanchette. Ce numéro a d’abord été lancé le 13 juin au Domaine Pointe-de-Saint-Val­li­er lors de La Fin de semaine du pat­ri­moine par le prési­dent de la FHQ, Jean Rey-Regazzi, qui a saisi l’occasion pour inviter les lecteurs à vis­iter les lieux de pro­duc­tion des créa­teurs en art pop­u­laire après la lec­ture des arti­cles de la revue. Un deux­ième lance­ment a eu lieu au Musée de Charlevoix le 26 juin lors de l’inauguration de l’exposition Objets de mémoires par le directeur général du musée, Alex­is Beau­douin.

Le bœuf attelé de Robert Cau­chon (1916–1969), gouache sur papi­er, 1936, 57,3 cm sur 77,8 cm.
Col­lec­tion Mor­gan, Musée de Charlevoix.

Dans son arti­cle « 1934–1939, les artistes pop­u­laires de Charlevoix, un groupe dans l’air du temps », François Trem­blay, pre­mier directeur du Musée de Charlevoix, présente l’origine de l’intérêt pour l’art pop­u­laire. En effet, dans Charlevoix et dans d’autres pays comme les États-Unis, la Croat­ie, le Mex­ique, Haïti ou la France, des intel­lectuels ont recon­nu et ont fait con­naître cette forme de créa­tiv­ité fort orig­i­nale et mécon­nue avant le XXe siè­cle.

Richard Dubé, eth­no­logue-muséo­logue, mon­tre com­ment une col­lec­tion privée peut enrichir le pat­ri­moine cul­turel d’une région et du Québec dans « L’art pop­u­laire dans les col­lec­tions publiques. Le legs de Pierre Riverin, col­lec­tion­neur-mécène. » Les musées ont gag­né leur répu­ta­tion en grande par­tie grâce aux col­lec­tions qu’ils ont reçues par dona­tion. Celle de Pierre Riverin, recon­nue comme « col­lec­tion d’importance his­torique et nationale » a con­fir­mé le par­ti pris non équiv­oque du Musée de Charlevoix pour l’art pop­u­laire.

Coq fan­tai­siste par Rosario Gau­thi­er (1918–1994) de Saint-Charles-de-Bour­get, v. 1980. Col­lec­tion Pierre-Riverin, Musée de Charlevoix.
Men­tion de source : Richard Dubé

Chan­tal Soucy, eth­no­muséo­logue, nous dévoile sa pas­sion pour la créa­tiv­ité gaspési­enne dans « La promeneuse d’oiseaux : L’art pop­u­laire dans le Québec mar­itime. » Ses nom­breux voy­ages dans l’est du Québec lui ont per­mis de ren­con­tr­er des créa­teurs authen­tiques qui lui ont révélé leur inspi­ra­tion et leur vision du monde. Elle en a rap­porté des sou­venirs mémorables ain­si que des œuvres qu’elle présente dans son musée La Promeneuse d’oiseaux, amé­nagé dans une anci­enne grange au Cap-Blanc à Per­cé.

La Promeneuse d’oiseaux de Réjean Bernier.
Men­tion de source : Claude Bouchard.
L’imaginaire, le por­tail de tous les pos­si­bles, courte­pointe 3D de Dominique Ehrmann.
Men­tion de source : Isabelle Thom.

Olivi­er Favre, fon­da­teur du Cen­tre d’art pop­u­laire du Québec à Plai­sance, nous présente sa dernière réus­site, « La fon­da­tion d’une mai­son des créa­teurs en art pop­u­laire ». En effet, Olivi­er Favre se con­sacre à ani­mer le parc Omega de Mon­te­bel­lo jusqu’en 2019. Il y fait une place majeure aux artistes pop­u­laires. Mais il croit qu’il faut en faire plus. Il asso­cie alors à son rêve le spé­cial­iste en art pop­u­laire, Adrien Lev­asseur. Ensem­ble, ils dévelop­pent un con­cept qu’il va con­cré­tis­er. C’est pourquoi il acquiert le pres­bytère de Plai­sance, en dou­ble la super­fi­cie et l’anime grâce aux œuvres d’artistes orig­in­aux issus des qua­tre coins de la province. Cet arti­cle est la dernière com­mu­ni­ca­tion qui implique Olivi­er Favre et Adrien Lev­asseur. Olivi­er est décédé le 5 juin et Adrien le 11 mai. C’est une perte immense pour la pro­mo­tion de ce champs de créa­tiv­ité québé­coise. [1]

Jean-François Blanchette mon­tre com­ment la nature tient une place impor­tante pour les artistes en art pop­u­laire comme pour ceux des autres domaines de l’art dans « L’animalier au cœur de l’art pop­u­laire québé­cois ». Les artistes témoignent qu’ils con­nais­sent si bien les ani­maux qu’ils représen­tent qu’ils pour­raient les réalis­er les yeux fer­més. Par­fois, les détails sont extrême­ment pré­cis, comme si on en fai­sait une analyse sci­en­tifique; par­fois, seuls quelques élé­ments suff­isent pour laiss­er devin­er la bête.

L’oiseleur Yvon Côté et ses œuvres par l’animalier Gérald Mail­loux en 1998, 26,5 x 22,5 x 24 cm. Col­lec­tion Pierre Ménard.

L’article de Benoît Vail­lan­court, doc­tor­ant en muséolo­gie, médi­a­tion, pat­ri­moine « L’art pop­u­laire : atout iden­ti­taire pour les régions du Québec? » com­plète ce dossier sur l’art pop­u­laire. L’étude de cette forme de créa­tiv­ité révèle un cer­tain rap­port à l’espace, par­ti­c­ulière­ment mar­qué par des découpages régionaux. En effet, les travaux des eth­no­logues sur le ter­rain, les inven­taires et les col­lec­tions des musées révè­lent le dynamisme de l’art pop­u­laire en région en com­para­i­son  avec les grands cen­tres urbains.

Yvette Mon­grain, de Saint-Stanis­las, en Mauricie, pose devant ses décorations de parterre. Pho­togra­phie tirée de Les paten­teux du Québec (1974) et repro­duite avec l’aimable autori­sa­tion de Louise de Gros­bois, Ray­monde Lamothe et Lise Nan­tel.

La revue His­toire Québec est en vente dans les kiosques à jour­naux et sur la bou­tique en ligne de la FHQ à https://histoirequebec.qc.ca/livre/histoire-quebec-31–4/

Rédac­tion : Jean-François Blanchette
Révi­sion : Marie Renier
Pub­li­ca­tion web : Julie Lemieux

[1] Pour info:
https://www.libramemoria.com/defunts/favreolivier/e4306c45b18d41c7869bc8d9488f9891

Mon­sieur Olivi­er Favre, 1943 – 2026, décédé le 05 juin 2026 à 82 ans.

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