À l’approche des élections, la Société québécoise d’ethnologie se manifeste

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La Société québé­coise d’ethnologie, qui a 50 ans d’histoire (1975–2025), est un regroupe­ment nation­al d’individus et d’organismes attachés au ray­on­nement de  l’ethnologie et à la mise en valeur du pat­ri­moine eth­nologique, tant matériel qu’immatériel.

 

Sa mis­sion con­siste notam­ment à sen­si­bilis­er le pub­lic à la valeur cul­turelle, envi­ron­nemen­tale, économique, sociale et sci­en­tifique du pat­ri­moine, ain­si qu’à pro­mou­voir et à enrichir la con­nais­sance du pat­ri­moine eth­nologique par la pub­li­ca­tion de la seule revue annuelle d’ethnologie de l’Amérique française, con­sacrée à ce domaine.

 

Au regard de sa mis­sion et de son expéri­ence, la Société québé­coise d’ethnologie con­stitue un acteur impor­tant en matière de pat­ri­moine eth­nologique. Par ses travaux, elle a notam­ment con­tribué à enrichir la portée de la Loi sur le pat­ri­moine cul­turel du Québec (Lpc), en par­ti­c­uli­er en ce qui con­cerne l’inclusion des con­cepts de pat­ri­moine immatériel et de paysage cul­turel dans la notion de pat­ri­moine cul­turel. La Lpc con­sid­ère à juste titre ces ajouts comme étant le reflet de l’identité de notre société.

 

En effet, l’ethnologie est au cœur de l’appréciation et de la déter­mi­na­tion du car­ac­tère pat­ri­mo­ni­al d’un bien matériel ou immatériel, d’un site, d’un lieu, ou d’un per­son­nage, qui se mesure notam­ment en fonc­tion du critère de valeur eth­nologique. L’ethnologie et le pat­ri­moine cul­turel font corps, et la Société québé­coise d’ethnologie a une riche his­toire d’interventions publiques pour pro­mou­voir, soutenir, val­oris­er ou défendre à cet égard la valeur ajoutée du pat­ri­moine eth­nologique.

 

À la veille des élec­tions provin­ciales, à l’approche de la for­ma­tion d’un nou­veau gou­verne­ment et de l’entrée en fonc­tion de nou­veaux respon­s­ables, la Société québé­coise d’ethnologie énonce, à leur inten­tion, comme à celle des insti­tu­tions engagées dans la défense, la val­ori­sa­tion, l’éducation et la for­ma­tion au pat­ri­moine, et en vue de favoris­er la réflex­ion citoyenne, qua­tre (4) propo­si­tions qu’elle con­sid­ère essen­tielles et pri­or­i­taires pour la con­nais­sance, la pro­tec­tion, la préser­va­tion et la val­ori­sa­tion du pat­ri­moine eth­nologique (matériel et immatériel) de notre société, ain­si que pour le sou­tien et la con­ti­nu­ité de sa mis­sion pro­pre.

 

1 - Que l’on affirme claire­ment que le pat­ri­moine est une richesse col­lec­tive, un act­if, à la fois cul­turel, économique, envi­ron­nemen­tal et social, qu’il faut main­tenir, dévelop­per et exploiter dans une per­spec­tive de développe­ment durable pour la trans­met­tre aux généra­tions futures.

Cette affir­ma­tion doit se con­cré­tis­er par :

  • le sou­tien aux organ­ismes qui val­orisent et pro­tè­gent l’héritage eth­nologique ;
  • l’investissement con­cret dans la val­ori­sa­tion du pat­ri­moine eth­nologique, sa pro­tec­tion et sa préser­va­tion ;
  • l’investissement visant à favoris­er et à per­me­t­tre l’accès et la par­tic­i­pa­tion citoyenne à la con­nais­sance, à la val­ori­sa­tion et à la préser­va­tion du pat­ri­moine

 

2 — Que l’on fasse de la con­nais­sance du pat­ri­moine une pri­or­ité publique.

Et pour y par­venir :

  • accroître le finance­ment con­sacré à la recherche sur le pat­ri­moine eth­nologique (matériel et immatériel) ;
  • encour­ager et soutenir les pro­jets de recherche doc­u­men­tant les pra­tiques cul­turelles dans toutes les régions du Québec ;
  • main­tenir et dévelop­per les inven­taires du pat­ri­moine eth­nologique (matériel et immatériel) ;
  • favoris­er la col­lab­o­ra­tion en matière de pat­ri­moine eth­nologique entre uni­ver­sités, sociétés savantes, musées, organ­ismes cul­turels, munic­i­pal­ités et com­mu­nautés ;
  • soutenir la relève en pat­ri­moine, en eth­nolo­gie et en médi­a­tion cul­turelle.

 

3 — Que l’on recon­naisse claire­ment l’ethnologie comme une dis­ci­pline sci­en­tifique indis­so­cia­ble du pat­ri­moine cul­turel, indis­pens­able à son iden­ti­fi­ca­tion, à sa car­ac­téri­sa­tion, et à sa mise en valeur, et que l’on assure la péren­nité de son exis­tence et de sa pra­tique.

La mise en œuvre de cette pri­or­ité implique :

  • de s’assurer de la péren­nité de l’enseignement de l’ethnologie dans le réseau uni­ver­si­taire dans les trois cycles – bac­calau­réat, maîtrise et doc­tor­at – de même que dans le réseau col­lé­gial ;
  • que des postes d’enseignement de l’ethnologie soient créés ou ajoutés dans toutes les uni­ver­sités au Québec ain­si que dans le réseau col­lé­gial ;
  • que des postes déci­sion­nels soient octroyés à des eth­no­logues au sein du min­istère de la Cul­ture et des Com­mu­ni­ca­tions ;
  • que l’on sou­ti­enne con­crète­ment des revues savantes en eth­nolo­gie, telle Rabas­ka ;
  • que l’on con­sid­ère la Société québé­coise d’ethnologie comme parte­naire des autorités gou­verne­men­tales et du min­istère de la Cul­ture et des Com­mu­ni­ca­tions en ce qui con­cerne l’identification, la doc­u­men­ta­tion et la val­ori­sa­tion du pat­ri­moine eth­nologique, ain­si que pour la déter­mi­na­tion, la doc­u­men­ta­tion et l’appréciation de la valeur eth­nologique des élé­ments du pat­ri­moine cul­turel.

 

4 — Faire du pat­ri­moine eth­nologique immatériel une pri­or­ité de trans­mis­sion, de mar­queur cul­turel et de développe­ment région­al, en plaçant les véri­ta­bles agents de trans­mis­sion, soit les por­teurs de tra­di­tions, ain­si que les com­mu­nautés qui les promeu­vent au cen­tre des déci­sions.

Et pour accom­plir un tel objec­tif :

  • adopter une stratégie québé­coise du pat­ri­moine immatériel ;
  • financer la trans­mis­sion intergénéra­tionnelle, notam­ment par des pro­grammes de men­torat entre les per­son­nes déten­tri­ces de savoir etles jeunes ;
  • inté­gr­er davan­tage le pat­ri­moine eth­nologique immatériel à l’école en col­lab­o­ra­tion avec les com­mu­nautés con­cernées ;
  • met­tre en place un inven­taire numérique par­tic­i­patif du pat­ri­moine eth­nologique immatériel ;
  • soutenir les por­teuses et por­teurs de tra­di­tion par des bours­es, des rési­dences, des ate­liers, des espaces de pra­tique et une meilleure recon­nais­sance pro­fes­sion­nelle ;
  • inclure le pat­ri­moine eth­nologique immatériel dans les poli­tiques d’aménagement et de développe­ment région­al.

 

Con­clu­sion

Par les qua­tre (4) propo­si­tions énon­cées ci-dessus, la Société québé­coise d’ethnologie souhaite con­tribuer à la prise de con­science de la sin­gu­lar­ité et de la valeur excep­tion­nelle de notre pat­ri­moine eth­nologique, matériel et immatériel, ain­si qu’à sa con­nais­sance éten­due, sa pleine pro­tec­tion et sa juste val­ori­sa­tion.

 

Société québé­coise d’ethnologie, sep­tem­bre 2026

 

 

 

For­mat pdf: https://ethnologiequebec.org/wp-content/uploads/2026/09/MemoirePlateformeelectorale_2.pdf

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